Photo pictorial – Caché derrière

Pictorialisme

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Pictorialisme 2.0

Le Photo-Club Rouennais présente « Pictorialisme 2.0 » dans le cadre du festival Normandie impressionniste 2016, au Centre André-Malraux, rue François-Couperin, à Rouen.
Le Photo Club Rouennais est né à la fin de la période impressionniste, alors que le pictorialisme se développe.
« À Rouen, le Photo-Club Rouennais, sous l’impulsion de son président Albert Marguery, s’initie dans les années 1900 à la photographie pictoriale et aux secrets du « charbon », de la « gomme », de l’« huile » et du « bromoïl ». Dès 1908, il pratique avec succès la photographie en couleur avec les autochromes.
L’objectif de l’exposition est de montrer une vision plus contemporaine de ce mouvement, par le biais de portraits réalisés par des pratiques alternatives.
Ces pratiques mêlent à la fois des techniques numériques (prise de vue, impression de négatif) et des procédés anciens (sensibilisation du support papier avec des émulsions).

Pour cet exposition sur le thème du portrait, les membres du Photo Club Rouennais, tous passionnés de photographie, sont allés à la rencontre d’autres passionnés, habitants de Rouen et de sa région : artisans, artistes ou sportifs, tant amateurs que professionnels. » (cf. le site http://www.photo-club-rouennais.fr)

 

A découvrir jusqu’au 26 août.

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Site à visiter sur le pictorialisme

Sur le site « L’histoire par l’image », créé par des chefs de projets de la Réunion des Musées Nationaux, une page est consacrée au mouvement pictorialiste. Elle offre une présentation brève de ce courant photographique, en mettant l’accent sur Robert Demachy, Alvin Langdon Coburn et Edward Steichen, trois photographes phares du mouvement. On y découvre également une brève bibliographie sur le pictorialisme.

A découvrir sur https://www.histoire-image.org/etudes/photographie-pictorialiste

Robert Demachy

Rares sont les livres qui sont actuellement disponibles concernant le mouvement pictorial.

Aussi, l’ouvrage DEMACHY, Photographe (Contrejour, 1990) est déjà, à ce titre-là, remarquable.

Ce livre a été édité à l’occasion de l’exposition « Robert Demachy » organisé par la Société Française de Photographie aux mois de septembre et octobre 1980 à Bagatelle

Ce livre compte 71 pages. Les illustrations concernent essentiellement des photos de l’auteur axées sur des portraits de femmes ou d’enfants, ainsi que quelques payages.

Demachy (1859, 1936) fut le chef de file du mouvement pictorialiste en France, de 1900 à 1905. Il vécu en Normandie (Hennequeville), berceau de l’impressionnisme. Il utilise le tirage à charbon, le procédé aux encres grasses et la gomme bichromatée et revendique ici le droit « d’intervenir » sur le tirage. Il fut soutenu par son ami Puyo, qui lui consacre une rétrospective.

A noter, le portrait de Mme P. (report à l’huile) pour sa ressemblance frappante avec les toiles de Renoir (Mademoiselle Irene Cahen d’Anvers  (1880), dans le chatoiement des ombres et des lumières ; le visage, la chevelure et les vêtements de cette femme se fondent dans l’arrière plan. Aussi, le teint clair du visage est comme illuminé de l’intérieur et capte le regard.

Vallée de la Toucques, 1906:

vallée de la toucques, normandie (from camera work, octobre) by robert demachy

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Le langage des pictorialistes

Constant Puyo, artiste phare du pictorialisme, définit ce courant photographique et le distingue des photographes professionnels.
Voici donc quelques extraits qui permettent de comprendre le langage pictorialiste, tirés de l’ouvrage Constant Puyo, d’Emma de Lafforest avec la collaboration d’Alain Desvergnes, Sylvain Morand et Michel Poivert, Fage Éditions, 2008 :
« Pour Puyo, le photographe ne doit pas copier les arts graphiques, et encore moins la peinture, mais parvenir au même idéal que le peintre, le dessinateur : l’idée, l’émotion ou le sentiment manifestés grâce aux objets interprétés.
La seule différence entre le peintre et le photographe résidait dans la progression de l’œuvre : le peintre crée, car il part de la feuille blanche pour aller vers l’œuvre, il part de la synthèse (absolue) vers l’analyse, tandis que le photographe détruit, car il part d’une surabondance d’objets pour aller vers l’œuvre. C’est pourquoi Puyo préférait parler de photographie synthétique plutôt que de photographie pictoriale. » (pages 110-111).
« Puyo était avant tout un plasticien du Beau, un idéaliste.
Pour obtenir le Beau en photographie, Puyo développa et théorisa le langage plastique des pictorialistes en trois étapes : la composition, lors de la prise de vue, le choix de l’objectif [note de l’auteur: l’attention à cet aspect de la prise de vue est, à cette époque, singulière], le travail sur le négatif et le travail sur le positif. Ces étapes indépendantes les unes des autres permettaient de distinguer une photographie documentaire d’une photographie artistique :
« Dans la première, règne l’égalité dans l’intérêt, dans la seconde, l’inégalité dans l’intérêt….J’ai distribué les rôles : grands, moyens ou petits. J’ai sélectionné les éléments à mettre en valeur, ceux à sacrifier ». C. Puyo « À propos du choix des objectifs et de la question des foyers », Revue Française de photographie, août 1926, p.183-186.
Puyo montrait dans ses écrits que, grâce à ces trois étapes, le photographe était capable de faire un tableau, c’est-à-dire de faire une totalité plutôt qu’un fragment. » (page 112)
À propos de composition,  » Contrairement à l’opinion de la plupart de ses confrères, Puyo soutenait l’idée que le photographe entrait en phase de création avant même de déclencher l’obturateur, à condition qu’il prît la peine de composer. A cette fin, il publia : Comment composer un portrait et Comment composer un paysage. S’appuyant sur les écrits de Charles Blanc, Puyo adapta des principes vieux de deux siècles à la photographie : la théorie des sacrifices, c’est-à-dire la subordination de la variété – des éléments d’expression inhérents au médium (valeurs des lignes et des masses) – à l’unité. Pour réaliser cette unité, il fallait hiérarchiser ces éléments. Le chemin ainsi obtenu menait l’œil du spectateur des masses et lignes accentuées (très claires ou très foncées) aux masses et lignes sacrifiées (plutôt grises) puis des masses sacrifiées vers les masses accentuées créant l' »arabesque » c’est-à-dire le mouvement formel des ombres, des lumières et des lignes. » (pages 112-113)
Il faut souligner que Puyo pratiquait très rarement le recadrage pour atteindre cet effet de composition.  Voici une belle image provenant de ce photographe pictorialiste:

 

 

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L’art du flou

L’exploration de l’ouvrage de Constant Puyo, d’Emma de Lafforest (avec la collaboration d’Alain Desvergnes, Sylvain Morand et Michel Poivert, Fage Éditions, 2008) se poursuit (voir l’onglet précédent « Constant Puyo), avec la présentation de quelques repères sur les deux étapes suivantes de la photographie pictorialiste, à savoir le choix de l’objectif et les effets du tirage, pour produire le flou qui caractérise le mouvement pictorialiste, mouvement photographique datant de la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle.

 

Le choix de l’objectif :

 

Il fallait éviter les deux extrêmes du flou total (mis en œuvre par certains pictorialistes à et du net total proposé par l’objectif. Comment ? Par l’usage de lentilles anachromatiques, permettant d’accentuer les dégradés tout en gardant la précision du dessin.

 

Le travail sur le positif :

 

La gomme bichromatique fut le procédé emblématique des pictorialistes.

 

La technique a été créée par Alphonse Poitevin (chimiste) en 1855 et John Pouncy (1858). Elle a été adaptée à la photographie artistique et développée par Demachy, Brémard et Constant Puyo.

 

Ce procédé consiste à « étaler sur un papier (choisi pour sa texture) sensibilisé au bichromate de potasse, un mélange de gomme arabique et de pigments; puis à exposer ce papier préparé sous le cliché laissant la gomme s’insolubiliser (grâce au bichromate) proportionnellement à la lumière reçue; enfin à procéder au dépouillement, c’est-à-dire à l’élimination du mélange soluble, par de l’eau… »

Le papier à la gomme donnait naturellement une douceur incomparable au dessin grâce à un phénomène visible lors du séchage: la gomme ayant tendance à s’étaler, les taches contiguës se chevauchaient, c’était la coulée. Pour Constant Puyo, la gomme donnait le flou juste, celui qui ne se voyait pas.

Constant Puyo a également utilisé la technique de la polychromie, en superposant les couleurs primaires, ce qui générait un noir de synthèse.

 

Voici une photographie de Constant Puyo:

 

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Constant Puyo

Emma de Lafforest, avec la collaboration d’Alain Desvergnes, Sylvain Morand et Michel Poivert, a rédigé un ouvrage consacré à Constant Puyo, en 2008 (Fage Editions).

Cette monographie sur Constant Puyo, l’une des deux têtes de file du pictorialisme, avec Robert Demachy, est intéressante à plusieurs titres. Elle permet de mieux connaître ce photographe, bien sûr, mais aussi de mieux appréhender cette approche pictorialiste.

Alain Desvergnes, photographe, fondateur de l’École Nationale de la Photographie d’Arles, explique ainsi, dans l’introduction de cet ouvrage, que les partisans du pictorialisme optent pour les contours flous et les tonalités estompées.

Michel Poivert, professeur à Paris-I, auteur de l’ouvrage « Le pictorialisme en France » (cf. grand angle du mois denier) nous rappelle, dans son introduction de l’ouvrage, que les historiens spécialisés dans l’histoire de la photographie considèrent que le pictorialisme est né en 1894, lors du premier salon du Photo-Club de Paris.

Michel Poivert nous avertit pourtant sur le fait que le pictorialiste était déjà bien présent lors de la première exposition internationale de Photographie et des industries qui s’y rattachent, en 1892. Cette exposition, initiée par l’État français et soutenue par la Société Française de Photographie et le Photo-Club de Paris, rassemblait des professionnels, mais aussi des amateurs, contrairement à l’Exposition universelle de 1889.

Or, les pictorialistes sont des amateurs, réunis autour de leur volonté d’adopter une démarche artistique et de développer des procédés pigmentaires spécifiques, loin des images brillantes des professionnels.

L’art photographique est porté par les pictorialistes, au cours de ces dernières années du XIXème siècle.

Cette monographie de Constant Puyo, écrite par Emma de Lafforest, son arrière-petite nièce, nous raconte avec talent le tournant de Constant Puyo, promu au grade de commandant à l’état-major des armées et qui refuse, en 1900, un avancement et demande sa retraite deux ans plus tard pour se consacrer entièrement à la photographie, à l’âge de 45 ans.

En réalité, Constat Puyo a toujours eu un crayon dans les mains et plus tard aussi, un appareil photographique. Peu à peu, entre 1885 et 1890, il s’intéresse à la photographie en elle-même.

Sa notoriété débute avec l’exposition du Photo-Club de Paris, en 1894. Constant Puyo devint membre de ce club qui était, avec la Société Française de Photographie, le haut lieu de la photographie en France.

Et à 45 ans, il décide de se consacrer au pictorialisme en s’éloignant autant que possible des « faiseurs de net » et ces « faiseurs de ressemblance infaillible ».

L’auteur rappelle les deux textes fondateurs du pictorialisme, en se référant aux travaux de Michel Poivert. Le premier texte de référence est écrit par un groupe d’amateurs à l’origine du Photo Club de Paris affichant des ambitions artistiques les distinguant de la photographie produite par des professionnels.

Le deuxième est un discours prononcé par Jules Janssen, président de la Société Française de la Photographie entre 1891 et 1893. Jules Janssen indique que la photographie peut être de l’art dans la mesure où elle permet le développement d’une influence personnelle.

Emma de Lafforest cite aussi Robert de La Sizeranne, qui écrit en 1895 l’ouvrage « La photographie est-elle un art ? ». Robert de La Sizeranne indique notamment que les pictorialistes « se sont rappelé que c’est une erreur, en art, de vouloir tout définir, parce que, devant toute chose définie, il ne reste plus rien à faire pour l’imagination. L’indéfini, au contraire, est le chemin de l’infini… ».

Selon Robert de La Sizeranne, l’objectif de la photographie pictorialiste est d’idéaliser, d’interpréter la nature ou les objets représentés. Le mouvement pictorialiste est ainsi rattaché à l’idéalisme, qui représente l’une des grandes questions de l’époque (par opposition au naturalisme).

Les amateurs photographes ne sont plus, dès lors, isolés: ils partagent cet objectif commun de réduire les performances mécaniques de l’appareil photo et d’augmenter l’intervention de la main de l’artiste (composition et tirage) pour que les photos soient empreintes de l’esprit de l’homme.

Pour Constant Puyo, il faut savoir donner « du détail, mais sans précision », « apprendre à faire du flou, mais sans brouillard ». Cette dialectique entre le flou et le net caractérise bien le pictorialisme.

Constant Puyo découvre le tirage à la gomme bichromaté grâce à Demachy et se passionne pour ce procédé qui permet d’obtenir des fondus artistiques.

Il est alors question de la « nouvelle école », de la « photographie artistique » et de la photographie pictorialiste ».

Le pictorialisme fut le premier mouvement photographique se considérant comme un art. Pour Constant Puyo et Robert Demachy, il s’agit d’interpréter la nature grâce à l’appareil photographique.

Voici pour conclure une belle illustration de l’art photographique de Constant Puyo:

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Pictorialisme, quid ?

Le pictorialisme, je suppose que vous ne connaissez pas ce terme.  Moi non plus, je ne le connaissais pas, jusqu’au moment où Heinrich Kühn, appartenant au mouvement pictorialiste, a fait l’objet d’une exposition au Musée de l’Orangerie à Paris, au cours de l’hiver 201o, alors que je créais mon site internet.

Avec mon parti pris et ma recherche constante d’effets de flous, je me sentais héritière de ces photographes pictorialistes, qui recherchaient ces mêmes effets de flou, à l’aube du XXè siècle, j’ai alors décidé d’explorer ce champ photographique, qui a connu son apogée entre deux guerres.

D’où cette page dédiée au pictorialisme sur mon site.

Alors quid du pictorialisme ? Il s’agit donc d’un mouvement photographique qui s’est développé en Europe et aux Etats-Unis fin XIXè siècle qui se traduit par de beaux fondus esthétiques. Alors qu’à cette époque, la photographie « de reportage » se développait, avec les progrès techniques des premiers appareils photographiques afin de retracer le réel, les photographes pictorialistes souhaitaient pour leur part que leurs images ressemblent à de la peinture, inspirés par les peintres impressionnistes de l’époque (Monet, Degas, Renoir, etc.).

Alors qui sont-ils, ces photographes pictorialistes ? Et bien, nous pouvons découvrir Heinrich Kühn en Allemagne, Constant Puyo et Robert Demachy en France ou encore Julia Margaret Cameron en Angleterre. Leurs oeuvres peuvent être découvertes dans de -rares- livres consacrés à ce mouvement photographique ou encore sur internet.

 

Voici ci-dessous une photographie pictorialiste qui illustre bien ce mouvement artistique:

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